Archives Mensuelles: octobre 2012

Une femme qui s’en va – Vannadasan

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Vannadasan, Kalyanji, Ce sont les deux pseudonymes plus appréciés dans le monde de la littérature tamoule. Tandis que le premier est connu pour les écritures des nouvelles, le dernier est célèbre pour les poèmes. Son vrai nom est Kalyanasundaram. Né en 1946 à Tirunelveli, Tamilnadu (Inde), il est  banquier à la retraite. Avec sa vraie plume d’écriture, il sait  se servir des mots pour ‘peindre’ une image. Ce sont des mots qui s’épanouissent dans la diversité de personnes avec plein d’amour et d’affection en nous offrant des impressions extraordinaires de l’instant, révèlent ainsi l’amour innocent des êtres humains.

 Il a commencé à écrire dans le magazine littéraire tamoul « Deepam » en 1962 et dès lors, il continue à créer les œuvres littéraires. Ses œuvres comprennent d’une centaine de nouvelles et de poèmes: Kalaika Mudiyatha Oppanaigal, Thoatathuku Veliyilum Sila Pookal, Samaveli, Oru Paravai Peyar Theriyamal, Kanivu, Nadugai sont les plus importants.

Il a remporté plusieurs prix et distinctions:Kalaimamani, le prix d’Illakiya Sinthanai, Pavalar Award, Sujatha Award et beaucoup d’autres. 

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  Une femme qui s’en va 

                            – Vannadasan

                                                                    

Si l’on suit ce drainage noir à ciel -ouvert, avec plein de petites bulles et qui semble être immobile depuis de nombreuses années, on arrivera chez Annam Judie.

Cela peut-être la troisième ou la quatrième visite.  Chaque fois que je descends dans cette ville, j’ai l’habitude de me rendre chez elle, malgré ce drainage qui me répugne. Je me demande, « comment ces riverains vivent-ils sans inquiétude à côté de cette enceinte bouillie?».  Au milieu d’eau noire on voit deux ou trois coquilles en blanc vif des œufs qu’on vient de jeter et une ficelle de fleurs fanées. Ce sont des scènes  qu’on doit traverser pour se rendre chez  Annam Judie.

Quand je suis venu voir Judie pour la première fois, Viruthachalam m’accompagnait. Mais, j’aurais pu faire sa connaissance tout seul; or il y avait des raisons de le faire. La vie nous offre parfois d’innombrables étranges vérités: L’une d’elles, c’était l’amitié entre moi et Virutha alors qu’il travaillait dans un laboratoire de photo où son seul travail était de prendre des photos de mariages.

La première rencontre avec Virutha, s’est passée lorsqu’il s’expliquait avec regret à l’un de mes collègues sur les photos ratées pour une raison ou une autre. Il s’agissait des photos prises pendant la réception d’un mariage. En fait, mon ami était indifférent à cette histoire. Pourtant, ce jour-là Viruthachalam lui exprima de vifs regrets « :

Monsieur ! On aura une centaine de soirées, mais reverrons –nous une soirée où le marié, au visage rempli de joie d’une sainte journée, manifeste sans cesse le  bonheur malgré fatigue et  s’angoisse sans raisons. De même, c’est une soirée unique où il  fait quelques mouvements ou des gestes inhabituels tels que par exemple regarder la montre d’une façon élégante pour connaître l’heure,  éclater de rire sans baisser la tête et faire  un câlin aux enfants … revivrons-nous une telle soirée le lendemain ou deux jours après? demanda-t-il. C’était exactement avec les mêmes mots qu’il commença à parler avec moi. Ses inquiétudes et son éloquence  par la quelle il me racontait cette anecdote m’ont plu.

D’autre part, lui, il ne s’intéresse pas aux livres  et moi, je ne connais rien en photographie, donc ce n’étaient pas des raisons qui nous font nous rapprocher. D’ailleurs, nous n’avions non plus de soucis d’atteindre les meilleurs de nos deux passions.

C’est plutôt une photo qui m’a fait croire que Virutha est un artiste hors du commun. Le cliché était superbe : une fille est assise sur une charrette et une absence totale des autres figures comme les bœufs qui trainent la charrette et le charretier ; la rue qui descend et monte pour nous emmener loin etc. On voit le fond de la charrette en rangées de cannes. La fille est sur la charrette, c’est tout. Mais dans son travail on admire une sorte d’effet magique.  On voit un vrai mouvement de la charrette. Sa courte existence sur le chemin, qui nous laisse entendre un bruit aigu, provenant des roues et nous fait voir l’oscillation d’un gland poigne, suspendu à l’intérieur. Dans les yeux de la fille, on voit la jeune mariée subir de dures épreuves chaque fois qu’elle prend congé du convié. Bien qu’elle se soit plongée dans sa solitude, son attitude montre qu’elle continue à aimer cette vie avec fidélité. Le cliché arrive à nous convaincre que tous ceux qui voient la vue émouvante de cette fille pourront tenter de la sauver et de l’emmener avec eux pour l’embrasser à la fin. Et cette émotion, aussi insolite fût-elle,  je n’avais même pas pu l’exprimer, et je restais muet.

C’est exactement Annam Judie.  Beaucoup plus tard, c’est Virutha qui m’avait parlé de  ce prénom.  Les deux habitaient dans le même bâtiment : Virutha était au premier étage, Judie habitait au rez-de-chaussée. Ils avaient des sentiments réciproques l’un vers l’autre. Pourtant, un jour c’était moi, qui avais l’honneur de mettre en évidence leur amour. Les idées  conçues à travers des histoires que j’ai lues m’ont permis à y parvenir. Mais tout devenait compliqué quand je leur en avais parlé et ils avaient accepté ce fait.

Viruthachalam m’arrangea des occasions d‘en parler à Judie. Et chacun de nous rêvait des moyens justes pour mettre à la porte le fiancé de Judie. Mais, rien n’a marché. Tel qu’il apparut sur la déclaration d’intention de mariage, la cérémonie avait eu lieu à l’église d’une école pour des aveugles qui était entourée du champ de maïs muri et dansant, sous le soleil très  agréable. Virutha et moi, nous nous étions assis sur un banc qui était  devenu  lisse avec le temps et nous avions chanté le chant d’église avec les autres alors que Judie s’agitait comme une plume blanche, douce et inconsciente du fait.

Transformée en une épouse docile et soumise, elle commença à nous présenter les invités. En respectant  la tradition des élites, avant d’offrir un livre comme cadeau, j’avais mis Mme Devanesan au lieu d’Annam Judie. Virutha, étant le photographe de l’événement,  me paraissait l’homme de l’occasion. En profitant de la proximité des jeunes mariés, Il prenait des photos de différents angles.

Chaque fois qu’il s’engage dans une séance de photos, nous voyons en lui un autre homme. Toute sa concentration restera sur l’objet et sur ses différentes prises de vues. Ni ma présence, ni celle d’Annam Judie ou d’autre ne peut déranger son attention. La manière de prendre des photos est différente et il ne fait pas de gestes folles pour nous  faire sourire comme beaucoup d’autres, mais,  il attendra  jusqu’à un creux se forme entre de nos sourcils et le prendra aussitôt, lorsque nous nous  libérons de notre comédie. Pour lui, c’est naturel de rester sans passer la main sur les plis d’un sari ou laisser les pantalons sur les chaussures. On voit sur son cliché, la vitalité de chaque visage.

Virthasalam avait aussi sa propre collection de photos de Judie. Parmi ces collections, il y en a une, dans la quelle, la jeune mariée était assise dans une  voiture de location, décorée en guirlandes des fleurs artificielles. On constate également  que la voiture est stationnée, au côté du champ de  maïs appartenant à l’école de Judie.

La photo a été  prise au moment où Judie  rajustait  toute une partie  de son sari qui s’est glissé de son épaule.  Les yeux de Judie étaient fermés et  le sari se tenait à sa place, comme un poteau à  voile hissé en joie ; son blouson laisse ressortir  sa poitrine lourde ; le bras oriente vers l’épaule  et  on voit sa beauté du  profile.  Puis il y a un parfait sourire laissant  aux pommettes une forte présence de la poudre rose avec une ou deux paillettes étincelantes.

Lorsque Viruthachalam  me montrait cette photo, il m’avait dit que, ‘c’est  une chance de la voir lors qu’elle a les yeux fermés ». En laissant le mot ‘Chance’ lui  envahir  , moi,  au lieu de penser  à ces yeux  fermés’ j’avais commencé à fantasmer de l’embrasser.  Ce sont des images qui ne cessent d’apparaître dans nos esprits, mais devant  nos préoccupations de mener chacun sa vie fastueuse,  tous disparaitront.

.Aujourd’hui, comme d’habitude, j’ai passé la journée au bureau avec des dossiers pour quelques signatures de mon supérieur. Une fois finie,  il y avait un autre devoir qui m’attendait. Il s’agissait d’une demande de crédit d’un agent de l’autre bureau. J’ai tout fait en sa faveur. Après un long trajet en train, pour me désaltérer j’ai bu une bouteille d’eau gazeuse.  Jusque-là, je n’ai pas pensé à Judie.

C’est à ce moment-là que j’ai entendu la voix de Devanesan:  Hello ….’ il m’a appelé par le surnom tiré de mon livre que j’avais offert pour leur mariage. Un titre justifié pour un livre qui nous suscitera de faire un saut pour attraper les rebords subtils des idéaux.  En fait, le but du surnom était pour se moquer de moi. Je me suis demandé: « comment doit-on prendre cet homme qui m’a appelé par un nom du livre, au lieu du mien.

J’étais déjà en colère contre lui avec tout  ce que Virutha m’avait  parlé de lui. Après cette moquerie, je l’ai détesté davantage. Mais, j‘ai fait un sourire amical accompagné des mots doux.  Que j’étais  hypocrite ! Cela aurait pu être l’habitude de mon travail.

Après tout, quel type d’homme est-il?

Dans la vie, il nous faut de la chance pour avoir une femme comme Annam Judie. Pourtant, on se dit que Devanesan est un homme pervers. Judie, en fait avait accepté tout, y compris les premières expériences du couple après mariage. Mais c’était intolérable, la nature de son mari.Pour faire l’amour et dévorer son corps, il n’y avait pas d’heure pour lui. Pourtant,  elle était indulgente. Mais quand elle le voyait trainer avec quelques gamins, c’était dégoûtant, elle n’arrivait plus à le supporter et elle est  sidérée.

« Au début, c’était comme si on tapote sur le dos d’un bébé en le mettant sur les genoux et essuyer ses larmes .Ce sont des premières paroles de Viruthachalam,  quand il commença à me raconter  la suite. Judie, quand elle venait faire imprimer des photos en couleur, Virutha l’avait rencontrée.  Pour moi, cela devrait être en sens inverse.  Parfois, en me parlant de Judie, Virutha me laissa des vides assez fréquemment  afin que je les comble.

«Depuis deux ou trois ans, en subissant sans arrêt les sévices physiques et morales de cet homme,  je suis devenue une femme épuisée voire une souche. Entre lui et moi, comme une entrée fermée par une roche, c’est fini. Si un jour j’ai un enfant, c’est toi qui vas t’occuper de lui», Ce sont des paroles, adressées  à Virutha  par Annam Judie tout en indiquant le bas-ventre. Et Virutha, à son tour, m’a tout raconté .

Virutha espérait qu’en tant qu’un lecteur avisé je pourrais leur donner des conseils. En fait, étant un mari très  discipliné,  j’ai toutes les nouvelles idées.

Lorsqu’il m’a demandé, pourquoi, ne me marierais-je pas avec Annam Judie ,j’ai tenté de lui convaincre de sa responsabilité et de mettre en avant sa culpabilité, après tout ce qui venait de se passer. S’il refusait, il n’y aurait pas de différences entre lui et Devanesan, je lui ai dit.

« Est-ce que je me marierai avant ou après la naissance du bébé, et quels sont  les effets juridiques ? » m’a demandé-t-il.   On a décidé ensemble, donc d’aller voir Annam Judie  et de lui  poser cette question.

Voilà pourquoi on se dirigeait vers chez Annam Judie et c’était le moment que nous avons traversé le caniveau.

Quand Virutha et moi entrions chez Annam Judie, elle  était en train de chercher de l’eau au puits avec  en compagnie d’une autre femme. On y sentait une mauvaise odeur, qui provenait peut-être du drainage ou de la boue évacuée du puits.

« Ce  n’était pas Judie, quelqu’une d’autre», voilà ce qu’on pensa à la première vue. Elle nous paraissait comme une mère de quatre enfants. Le corps luisant  n’existait plus, le sari était froissé. Alors qu’elle nous avait mis de petites chaises en osier, je remarquai des fissures de peau à la nuque et au dos. Quand elle avait réussi à s’asseoir sur une caisse en métal, une légère projection de son ventre se voit.

Ils se parlaient. Virutha lui disait  que  j’étais venu par hasard, mais elle l’ignora en parlant d’un autre sujet sans importance. Moi, je ne pensais qu’ à elle. Chez elle, il n’y avait  que deux chambres, une corde à linge chargé des vêtements de toutes sortes. J’avais eu l’impression qu’elle était rejetée par la vie comme on se débarrasse des choses encombrantes dans le grenier.

Moi aussi, j’ai participé à leur conversation. Elle nous avait offert à boire quelque chose. Puis nous avions pris congé, comme s’il n’y avait rien entre nous pour parler. Et  nous voilà  nous étions  en train de traverser le caniveau.

Deux garçons étaient assis avec leurs livres et ils écrivaient. L’un d’eux m’ avait vu et dit: «Sœur !  Quelqu’un est venu nous voir »

Judie, qui s’était mise à couper des papiers en couleur, se leva la tête. « Venez mon frère » disait-elle. C’était la première fois qu’ elle m’adressait ainsi.

Dans les yeux, qui venaient d’être écarquillés après un léger roulement, il y avait un rayon de lumière. A l’endroit, où elle était assise, les deux fenêtres se sont fermées, et  il n’y avait que  de la lueur provenant de la cuisine. Je cherchai un endroit  pour m’asseoir  tout en  fixant les yeux à Judie.

C’était une cour séparée par l’étain des boites de poudre où se traînaient des légumes verts et un sac en fil à moitié fait. Elle les avait déplacés pour me faire la place.

Le cours était interrompu et  les deux garçons ont commencé à ranger leurs affaires. L’un qui avait une cicatrice grosse comme une paume, quitta cet endroit en me regardant.

A la question posée sur son cours privé, manifestant beaucoup d’estime envers moi,  elle m’a répondu que « ça fait  passer le temps. » Pendant ce temps-là, elle apporta un ventilateur d’un coin et elle l’a fait tourner.  Mais je ne croyais pas qu’elle pleurât, à la suite de cette réponse simple et modeste. Elle s’assit sur ses talons en sanglotant. Cela  me permettait d’imaginer que le fil fin qui tenait jusqu’à présent toutes ses souffrances, se brisait par l’ébranlement de la réponse qu’elle venait de me donner.

Je n’étais pas du tout préparé pour cette situation. Au moment où je buvais le soda, Devanesan était sur le point de monter à bord du train. Pourtant,  il m’avait tout raconté:

«Nous sommes toujours à la même adresse. Je prends le train d’ici. Il y a des viandes de mouton chez nous, je vous invite donc pour déjeuner etc »

A la fin  il n’avait pas oublié de m’appeler avec le titre du livre que j’ai offert comme cadeau lors de son mariage. Pourquoi attendrais-je jusqu’à demain pour aller voir Annam Judie. D’ailleurs c’était une occasion qui ne m’arriverait pas tous les jours pour parler avec elle  en intimité. Donc,  je m’étais  décidé de venir chez elle sans tarder. Mais, ces sanglots  m’ont laissé dans une situation très délicate.

Cela fait deux ans que nous avons tout oublié. Chacun a sa propre vie et on ne se mêle pas des affaires des autres, n’est-ce pas? Alors pourquoi donc a-t-il envoyé à ma plus grande honte une photo comme celle-ci à un journal.

Tout en restant sur les genoux,  elle tourna souvent sa tête afin d’essuyer des larmes sur l’épaule gauche. Au contraire, son  bafouillage devenait de plus en plus incompréhensible.

J’étais content d’entendre de  son nouveau laboratoire de photo, de sa réussite, de son mariage et de ses enfants. Mais, ce n’était pas juste ce qu’il venait de me faire. En diffusant ma photo, il m’a déshonorée. L’humiliation que j’ai subi dans ma vie conjugale,  ne me suffit-t-elle pas ? En publiant  cette photo, je crois qu’il veut me traîner  dans la boue et m’humilier davantage.

Quelqu’un aurait entendu les gémissements de l’Annam Judie. J’ai vu surgir sur le seuil  une ombre qui a tenté de pénétrer dans la maison. Le garçon à la cicatrice au cou est venu à pas lents, ramasser ses affaires qu’il a oubliés et il est reparti. Entre les lamentations d’Annam Judie et le bruit du ventilateur, je restais comme écheveau.

C’est tout ? Ou il y a en a d’autres, puis un coup de pied. Pour toutes les tortures que j’ai subies ce-jour là, j’aurais dû mourir. C’est l’amour que je porte à Jeeva,  m’a fait décider autrement. Avec toute mon affection que j’ai pour mon fils Jeeva, la mort n’est pas une solution

Restant par terre, elle se pencha pour sortir un magazine qui était entre une machine à coudre et une boite en cuir.  Les sanglots et tous les mouvements qui les accompagnent  rendent son corps brulant comme une braise.

« S’il a envie de faire paraître  ma photo dans un journal, il y en a beaucoup d’autres, pourquoi celle-ci » il a jeté  le   magazine anglais devant moi.

Je venais d’apprendre pour la première fois que la photo avait  remporté le deuxième prix dans un concours de photo, organisé conjointement par un hebdomadaire anglais et un fabricant des pellicules. Cela ne m’étonnait pas, parce que, je suis un homme qui aime être asphyxié par la poussière de la bibliothèque aux toiles d’araignées des hebdomadaires qui s’accrochent aux ailes d’un grand lecteur.

La taille et la technique d’impression avaient  contribué à la beauté de cette photo. C’est l’image où on voit Annam Judie rajuster toute une partie  de son sari qui s’est glissé de son épaule, son blouson laisse ressortir  sa poitrine lourde ; le bras oriente vers l’épaule  et  on voit sa beauté du  profile. Un parfait sourire et ces yeux fermés.

« La relation que j’avais avec lui m’occasionne une vive douleur. Pourtant, je continue à vivre  pour mon fils  Jeeva . Au lieu de penser à ma  situation pénible, lui il ne pense qu’ à mon corps. Elle parla d’une façon qui m’a fait croire que Virutha  se tenait juste à côté de moi avec sa tête baissée.

Elle continua à me parler en espérant que je puisse  tout transmettre à Virutha.  J’ai compris qu’elle ne s’attendait  aucune  consolation de ma part.  D’ailleurs, elle n’a  ni  l’intention de dénigrer  son  mari ni chercher la  compassion  des autres.   Le seul intérêt  pour elle, était de détacher des maculés  qui couvrirent  Virutha- lui et Jeeva.

Après toute cette histoire,  en voyant sa situation désespérée, j’ai envié de l’embrasser juste pour un instant , puis j’aimerais éviter cette idée. Du coup, je lui ai demandé ;

Où est Jeeva, à l’école ?

Annam se leva brusquement. Avec son sari, elle essuya bien son visage, puis se coiffa  à la hâte.

« C’est l’heure. Je dois lui amener le repas. En discutant avec vous je l’ai oublié. »

Elle entra dans la cuisine, prépara  quelque chose dans une gamelle,  versa de l’eau dans une bouteille plastique, mis deux biscuits  dans un sachet transparent, puis elle rangea tout  dans un sac, prit  un parapluie et elle me demanda, « On y va ?

Elle n’était plus la même femme,  en se présentant comme  un autre personnage elle  a éteint le ventilateur.

« il y a un problème de chat  chez moi, si on ne ferme pas bien ça sera pire «

elle s’adressa à moi, ferma les fenêtres et enfila les sandales, ferma la porte à clé.   Je me tenais à côté du caniveau, elle vint vers moi  et me demanda  avec le visage moins sombre : On y va ?

Bien qu’elle me pose cette question, «  On y  va », elle me paraît  comme une femme qui s’en va.

– Traduit du tamoul par Nagarathinam Krishna

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