Archives Mensuelles: avril 2017

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Bavâni, l’avatar de Mata Hari

 La couverture

Chers amis,

 

C’est avec grand plaisir je partage la sortie de mon roman « Bavâni, l’avatar de Mata Hari.

 

Cordialement

Krishna Nagarathinam

 

 

Bavâni, l’avatar de Mata Hari

« Le roman de Krishna NAGARATHINAM décrit la longue quête identitaire vers l’épanouissement personnel de plusieurs figures féminines. Par-delà les frontières et les préjugés socio-culturelles, ses protagonistes imposent leur   personnalité riche et complexe. Situant à la fois son action dans la France contemporaine et celle du début du vingtième siècle, l’auteur brouille la chronologie historique pour réunir personnages réels et fictionnels. Le lecteur est tenu en haleine au fil d’une enquête sur la mort mystérieuse d’une jeune indienne originaire du Pondichéry, confondue avec la célèbre espionne Mata Hari. Sa fille part à la rencontre de ceux qui l’ont connue pour découvrir la vérité. A travers elle, c’est une part de l’histoire de l’émancipation féminine qui nous est racontée. »

 

Krishna NAGARATHINAM (1952)

Écrivain, traducteur indien vit à Strasbourg depuis 1985. Il a déjà écrit quatre romans, cinq recueils de nouvelles, un recueil de poèmes, et neuf recueils d’essais donc cinq sur la littérature française. Il est Aussi l’auteur de neuf traductions en tamoul(dont Bonjour tristesse de Françoise Sagan, le Procès-verbal  de Le Clèzio  et l’Homme révolté d’Albert Camus) et d’une traduction en français (De haute lutte, avec Dominique Vitalyos aux éditions Zulma). Ses romans ont connu le succès et reçu le prix littéraire de l’état du Tamilnadu, INDE

 Bavâni , l''avatar de Mata hari couverture Finale Editions Edilivre – PARIS
175 boulevard Anatole France
Bat A, 2e étage
93200 Saint Denis
Tél : 01 41 62 14 40 / Fax : 01 41 62 14 50

 

 

Le Théâtre Indianostrum de Pondichéry

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du 21 avril au 4 juin 2017

Nos amis du Théâtre Indianostrum, qui nous avaient si bien accueillis et hébergés à Pondichéry pour le début de nos répétitions d’Une chambre en Inde, présentent :

Trois spectacles en tamoul, sur-titré en français

Mises en scène de Koumarane Valavane
Musique de Jean-Jacques Lemêtre

Avec Charles Vinoth, Kalieswari Srinivasan, Mani Bharati, Radhika Prasidhha, Rency Philip, Ruchi Raveendran, Santhosh Kumar, Vasanth Selvam, Vetri Premkumar. Interprète musique Arjun Chandran

 

• Kunti Karna



du 21 au 30 avril, le vendredi à 20h, le samedi à 17h, le dimanche à 15h
Trouvant dans l’hypnotique rythme du rituel et la force vive du Kalaripayatt, antique art martial indien, le souffle même de l’épopée, cette création d’aujourd’hui, inspirée du grand mythe indien du Mahabharata, fouille les immémoriales questions de l’identité, de l’abandon et de l’orgueil. Inspirée de « Karna et Kunti » de Rabindranath Tagore et du « Mahabharata » de Jean-Claude Carrière.

 

• Terre de cendres



du 5 au 21 mai, le vendredi à 20h, le samedi à 17h, le dimanche à 15h
Dans la nuit des destinées humaines, deux mères, deux étoiles guident l’exode de ceux que la guerre sacrifie. L’une est la déesse Ellamma, mère de toutes les victimes. Elle apaise les morts ; l’autre est Flora, jadis lueur de rêve dans l’obscurité d’un camp de concentration, qui aide les vivants à résister. Poème intense, « Terre de cendres » est un voyage qui rappelle combien, aux heures les plus sombres, le théâtre maintient le cap : raconter et entendre.

 

• Karuppu



du 26 mai au 4 juin, le vendredi à 20h, le samedi à 17h, le dimanche à 15h
C’est sous la forme d’un théâtre dansé que nous faisons et défaisons les liens qui unissent Purusha (l’homme) et Prakriti (la femme), convoquant les mythiques et envoûtantes figures d’Iphigénie, d’Ophélie, de Clytemnestre, de Médée… et de Kali.

 

INFORMATIONS PRATIQUES


Durée des spectacles :
- Kunti karna : 1h20
- Terre de cendres : 3h (entracte inclus)
- Karuppu : 1h30
Réservations : 01 43 74 24 08, tous les jours de 11 à 18h || indianostrum.theatre@gmail.com || Fnac || Théâtre Online
Prix des places : Individuels : 18 € ou Tarif Intégrale Indianostrum : 13 € (par spectacle) || Collectivités, demandeurs d’emploi : 13 € || Scolaires et Etudiants – de 26 ans : 10 € ||

Jallikattu – Gérard JOSEPH

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Jallikattu« Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines ».Marcus Garvey

Il y a 3 semaines que plus d’un million de Tamouls sont descendus dans la rue pour la défense de leur langue et de leur culture. L’interdiction de jallikattu par la Cour Suprême a soulevé une vague de protestations dans toute la région tamoule. Grâce aux réseaux sociaux, la mobilisation a remporté un immense succès. La manifestation en faveur de jallikattu a commencé à Allangânallûr,un village de l’extrême sud de l’Inde et a franchi tous les contients puisque la diaspora tamoule est omniprésente. Les Tamouls en transcendant toutes les barrières de la caste, de la  religion et des pays ont affiché leur unité pour soutenir le jallikattu,une pratique culturelle bimillénaire.

Jallikattu au stricto senso est « pièce de monnaie » et « attacher ». Au fait, le mot « salli » veut dire l’argent et « kattu »est littéralement,lier ou attacher. (par exemple le mot tamoul francisé catamaran (kattu + maram) signifie « attacher les bois ». Au cours des siècles et dû à une sanskritisation legère, le mot  salli est devenu jalli. (nous disons en tamoul : salli kâsuku kûda othavâthu qui signifie que c’est complètement inutile). Il s’agit d’un jeu qui consiste à récupérer les pièces attachées aux cornes des taureaux. La coutume d’attacher les pièces aux cornes de l’animal remonte à l’époque de Nayaks. Ce spectacle se passe normalement au lendemain de mâttu pongal (fête à laquelle les vaches et taureaux sont honorés) qui tombera vers mi-janvier. Dans la littérature classique tamoule, les noms de cette pratique ancestrale sont: yer thazuvuthal (embrasser le taureau), manju viratu (chasse au taureau), kolayeru thazhuvuthal(dompter le taureau qui risque de tuer) etc. Le terme jallikattu a fait son apparition un peu plus tard.

Un article journalistique imagine ainsi la genèse de ce sport :  » Lorsque les tribus pastorales déplaçaient avec leurs troupeaux, quelques bêtes égarées pouvaient dévoyer les autres et semer le chaos. Afin de les rattraper, les bergers étaient obligés de courir à toutes jambes pour les arrèter en saisissant par leur bosse et les ramener à leur troupeau. En général, les jeunes dynamiques avaient le devoir de rétablir l’ordre parmi les bêtes. La pluie des louanges tombait sur ces aventuriers et ils étaient récompensés pour leurs actes audacieux. Ainsi cette pratique avait évolué et s’etait métamorphosée en jeu au cours des siècles.

Probablement, on peut situer l’origine de ce sport au temps de la civilsation de l’Indus. Un des sceaux de cette civilisation datant de 4000 ans dépeint un taureau furieux qui terrasse un homme ou plusieurs dans l’air. Visiblement, le taureau sort vainqueur. La plupart des archéologues opinent qu’il s’agit d’un combat de taureau. Cette tablette se trouve au musée de New Delhi. Les spécialistes de la civilisation dravidienne affirment que le jallikattu doit être un réliquat de la civilisation indusienne.

La littérature tamoule classique souligne l’importance de ce sport. Kalithogai, un livre qui remonte au début de l’ère chrétienne donne des détails minutieux sur cette coutume. « Que le taureau est plus féroce qu’un éléphant en furie, ne lâche pas prise sur lui et les épaules de notre fille t’apporteront les drapeaux de la victoire « , chante le poète de Kalithogai. Un autre poème du même recueil donne un avertissement aux lâches : » Aucune des bergères n’étreignera un jeune berger même dans une autre naissance s’il n’a pas le courage d’embrasser un taureau ». Kalithogai situe Jallikattu uniquement dans le paysage de mullai. Aucun de quatre autres paysages soit marutham,pâlai,neithal et kurunchi n’est associé au jeu bovin. La partie mullaikali abonde en vers sur ce sport. Elle détaille l’espèce, la couleur et la fureur du taureau. Le jour où une fille est née, on sépare un veau du bétail et on l’éleve avec soins. On y trouve la description de jeunes filles regardant le spectacle, les règles, les scènes horribles suite à des blessures etc. Un autre ancien chef d’œuvre tamoule Cilapathikâram fait aussi référence à ce sport. Aucun ouvrage ne parle de tuer ou torturer les bêtes et cela continue jusqu’à nos jours. Quelques peintures rupestres dans les villages de Tamil Nâdu dépeignent également les scènes de la domestication des taureaux.

Le jallikattu peut se différer d’un département à l’autre.. Nous allons vous décrire celui qui est très populaire. Allangânallûr, une commune du sud du pays tamoul est mondialement connue pour ce spectacle. La particularité de Bos Indicus est sa bosse. Le dompteur doit s’agripper à la bosse du taureau,se laisse traîner avec l’animal avant de le freiner. Personne ne peut l’approcher ni par devant ni par derrière. Le seul moyen de contraindre l’animal est de passer par ses côtés et saisir sa bosse. Ces bêtes sont très élevées avec beaucoup de soins et de prévenances. L’entrée s’appelle vâdi vâsal. Les taureaux y attendent avec leurs maîtres et les participants guettent leur arrivée sur deux côtés. On libère en premier le taureau qui est dédié au temple et personne ne le touche. Il erre librement et rentre dans le village ou au point de rassemblement. Les autres taureaux sont relâchés l’un après l’autre. Il devient très féroce, voire excité, dès qu’il entre dans l’arène. Il accourt en folie devant les cris d’une marée humaine. L’animal charge violemment celui qui essaie de l’attraper. Il le projette en l’air, le piétine et sans l’encorner, il passe à un autre homme. Aucun mal n’est fait aux personnes qui tombent même par hasard. Étonnant, n’est-ce pas? Si le taureau parvient à briser tous les cordons et dépasse les paramètres indiqués,il est déclaré vainqueur et choyé. Si le participant parvient à le retenir pendant quelques secondes sur quelques mètres ou l’arrêter complètement au dedans des frontières, un trophée ou une autre récompense lui sera remks. (Ceux qui tombent ou franchissent la ligne lors de cette aventure, sont éliminés tout de suite).

Donc, pourquoi tant de tollés? Qu’est-ce qui donne lieu aux controverses?  La Cour Suprême de l’Inde a interdit la pratique de ce sport sur demande de PETA (People for the ethical treatment of animals) et d’autres associations luttant pour les droits d’animaux. Les accusateurs réclament l’interdiction en prétextant que les organisateurs enivrent et torturent l’animal. Au lieu de réglementer le jeu, le plus Haut Tribunal a carrément banni ce sport. Cette décision a soulevé une vague de protestations chez les Tamouls. « Pourquoi n’embrassent-ils pas les lions », ironisent les juges sans comprendre la gravité,la sensibilité et la compléxité du problème. Il est vrai qu’il y ait des inconvénients. Mais l’interdiction n’est pas une remède.. Pourquoi pas les surmonter en rectifiant les erreurs? Dans cette aventure, c’est plutôt l’homme qui encourt beaucoup plus de risques voire la mort. Pas comme en Espagne où l’animal est tué cruellement.

Les partisans de jallikattu accusent les sociétés laitières étrangères. Les éleveurs tamouls croient que les pays étrangers en vue d’exporter leur race bovine vers l’Inde et de promouvoir leurs produits laitiers ont manipulé PETA et ont sollicité l’interdiction. Le jallikattu, l’agriculture, le paysan, le consommateur, l’identité etc sont tissés par un lien fort. Le lait que donnent ces vaches étrangères est moins énergétique que celui des indigènes. Les taureaux reproducteurs sont servis pour jallikattu et pour l’accouplement. Un laitier aura recours à l’insémination artificielle pour augmenter sa production et les taureaux locaux seront à l’abandon voire extinction. Aussi, la viande de Bos Indicus est très prisée au Moyen Orient. La plupart des taureaux destinés pour jallikattu ont aboutidans l’abattoir ces  deux dernières années. Les paysans y voient une complicité entre PETA et les pays étrangers pour détruire le tissu social des Tamouls. Nous n’ avons énuméré que quelques raisonnements qui visent droit à la vie quotidienne des paysans. Ce mécontentement populaire a engendré un rassemblement colossal.

Les étudiants tamouls ont manifesté leur colère premièrement ,le 8 janvier. Suite à des appels sur les réseaux sociaux et sans appui de partis politiques, la manifestation a fait l’éruption comme un volcan, le 15 janvier et a pris d’une grande envergure. Toute la population tamoule s’est liguée avec les étudiants dans toute la région. À la plage de merina, ils se sont amassés en million. On peut y voir les enfants de bas âge, des couples qui viennent de se marier, des femmes avec leurs bébés, des personnes âgées, les policiers, etc en scandant les slogans en faveur de leur sport culturel. Leur seule revendication est la révision de la loi. Les manifestants étaient figés pendant une semaine et aucun incident de la violence n’est rapporté. Seul le dernier jour, la situation a dégénéré et a mal tourné. Quelques bandits déguisés en étudiants ont incendié les véhicules, ont jeté des cailloux, et s’en sont pris aux policiers. C’est le plus grand rassemblement que connaît le pays tamoul depuis 1965. En 1965, les étudiants manifestaient contre l’imposition de l’hindi. Quelques étudiants en ferveur se sont immolés et en défense de leur langue quelques uns sont tombés sous les balles des policier.  Le Congress, le parti national a été chassé du pouvoir en 1967 à cause de leur stratégie linguistique. Depuis 1967, aucun parti national ne peut s’ancrer fermement au pays tamoul. Les personnes de troisième génération qui accusent souvent les jeunes de 21è siècle pour leur nonchalance, s’étonnent et se félicitent de cette manifestation. Les nouvelles technologies, les résaux sociaux, le modernisme, etc n’empêchent pas cette nouvelle génération d’afficher leurs affections pour leur langue et leur culture. Dès qu’il y a un danger imminent pour leur mère tamoule, ils n’hésiteront pas à descendre pour la protéger comme ont fait leurs ancêtres. L’indifférence du gouvernement fédéral vis à vis de Tamoul Nâdu concernant des disputes avec les régions voisines ont vexé énormément la population tamoule. À force d’emmagasiner ces déceptions, la colère populaire a soudainement explosé et le problème de jallikattu a servi de tremplin.

Pour conclure, les pouvoirs régional et national se sont inclinés devant le pouvoir majestueux du peuple. La loi a été révisée en faveur du jeu ancestral. Le pays tamoul se réjouit d’avoir retrouvé le jallikattu, un sport bimillénaire qui témoigne le courage et la vaillance des Tamouls. Enfin la jeune génération tamoule a pris le taureau par les cornes. Oui dans une démocratie, le peuple est toujours le maître incontestable : vox populi, vox Dei.

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