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Je ne te dis pas au revoir, Franz Isel -C.P.REGHUNADHAN NAIR

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 (Un poème de notre ami C.P. Regunadhan Naïr,  écrit à la suite du décès de son ami )nair

 C.P.REGHUNADHAN NAIR

(Titulaire d’une maîtrise en chimie appliquée de l’Université de Cochin, Inde en 1979 et d’un doctorat en matériaux macromoléculaires de l’Université Louis Pasteur à Strasbourg en 1989 avec une note exceptionnelle. Après avoir travaillé au Centre spatial de l’Inde (ISRO) à partir de 1980 pendant trente ans, à différentes capacités, il a pris sa retraite en tant que Scientiste-H et Sous-Directeur de ISRO en 2016.Il était aussi chercheur invité du CNRS, France en 1993.  Un académicien fort en tant que chercheur, il a publié plus de 185 articles de recherche originaux,4 livres et 20 chapitres de livres, plus de 140 articles de conférence et 30 articles de science populaire et a déposé 25 brevets pour ses inventions. A son palmarès, il faut ajouter le prix national de l’Inde, obtenu sept fois, pour l’excellence en recherche scientifique.

  Actuellement, il est KSCSTE EMERITUS SCIENTIST dans le Département de, Polymer Science et Rubber Technology à l’Université de Cochin, Inde.)

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JE NE TE DIS PAS AU REVOIR, FRANZ ISEL!

C.P. Regunadhan Naïr

Au crépuscule dans la cour, je m’assois,

Regarde le ciel et les oiseaux qui volent

Vers l’horizon rouge en colère.

Pourquoi es-tu parti sans me dire ?

 

Invisible, tu étais mon ami et mon frère.

Ton amitié m’a rendu heureux et fier.

Un vide pas rempli ton départ laisse.

Le mur de mon cœur se casse.

 

Il est temps de laisser aller

Ton esprit comme un oiseau libre ;

On n’est pas d’accord, tu es parti,

Tu vis toujours dans notre esprit.

 

On doit te laisser dormir, il le faut

Au Oberkutzenhausen*, ton lieu de repos.

Nous n’oublierons jamais

Ton visage au sourire enchanteur.

 

Ton départ me fit oiseau sans ailes,

Comme un écureuil sans sa queue ;

Maintenant es-tu dans un meilleur endroit ?

Se verra-t-on chez dieu, un bel endroit ?

 

Même si tu vas me manquer, Franz!

On va te laisser tranquille, en France ;

Tu resteras toujours dans nos cœurs,

Aussi cher qu’un veau pour sa mère !


*Oberkutzenhausen est une petite village alsacienne qui se trouve au nord-est de la France

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I DO NOT BID GOOD BYE, FRANZ!

                                                –C.P.REGHUNADHAN NAIR
At dusk in the courtyard I sit
Looking at the sky and the birds quit,
The nests towards the red horizon
The chest grows heavy with thoughts of you
Your departure made me a bird sans wings
you left me a squirrel sans tail swings
Now you find self  in a better place
Shall meet at god, a beautiful place

Implicit, you were my friend and brother
Simplicity your incarnation and embodiment

The vacuum not filled, your departure leaves
A broken heart in this fragile corps

True, it’s time to let you go,
Your spirit  like a bird forgo
We cant agree, you left
you live in our heart heft

We must let you sleep
At Oberkutzenhausen, your dear village
We will cherish until the last breath
Your face, an enchanting smile with

Even if we are gonna miss you, Franz!
We won’t leave you alone in France
Of you, we leave our memories sweet
A bunch of flower of love at your feet

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Poèmes tamouls

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Poèmes de K.Panjangam.

Traduit par S.A.Vengada Soupraya Nayagar

panchuK.Panjangam, (1949), ancien professeur de tamoul à Pondichéry, a publié une trentaine de livres tamouls. Son œuvre comprend les poèmes, les romans et les essais critiques. A part ses écrits littéraires, il participe activement aux colloques sur divers genres littéraires. Les poèmes suivants sont tirés du recueil de ses poésies, intitulé  Ottoupoul, publié en 2008.

 

Jugements

J’ai peur d’entrer

chez qui que ce soit.

D’emblée, on devient insignifiant.

Les gens s’entretiennent soit avec les images

ou avec les sons virtuels.

« Attendez, s’il vous plaît.

Je suis en ligne avec quelqu’un d’important. »

En s’excusant on s’en va le rejoindre.

Ces paroles d’excuse me suffisent :

je suis, donc, sans importance.

Chez les autres,

« Quelqu’un d’important vient d’arriver.

je te rappellerai moi-même. »

Aussitôt, je redeviens important.

Que je sois important

ou sans importance

ce sont les autres qui

collent sans cesse sur moi

leur jugement subjectif.

Il s’est passé….

Dans ma vie,

se sont passés le bien et le mal.

Ce qui était bon pour moi

Était  mauvais pour autrui.

Ce qui était mauvais pour moi

Était bon pour autrui.

Et donc,

d’où viennent le bien et le mal ?

Il s’est passé quelque chose… c’est tout.

     Ignorance

Je me prépare pour écrire

Sans savoir comment commencer.

En le terminant,

je me demande toujours

comment je l’ai commencé.

Je l’ignore toujours.

Amitié

J’ai sauvé mes amis

sans qu’il ne les connaisse.

Il a sauvé ses amis

sans que je ne les connaisse.

Ainsi notre amitié demeure

en toute sécurité.

Déception

La déception,

est-elle le problème du dupe

ou bien,

celui de quelqu’un qui l’a dupé?

Contradiction

Tout en menant une vie remplie de maquillages

j’ai cherché une vie sans maquillage.

Menant une vie remplie de mots

j’ai cherché le silence privé des mots.

Ma vie est prise entre

l’être et le devenir.

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Poèmes de A.Pasupathy. (DEVAMAINDAN)

Traduit  par R.Kichenamourty.

DEVAMAINDAN (pseudonyme de A.Pasupathy),  est   l’auteur de plusieurs  A. Pasupathyrecueils  de poèmes  (Ungal Thérouvil  Orou Pâdagane – 1976, Poul Veli – 1980 ; Bonsaï Manidargal -1993 etc.) qui  lui ont valu un  succès immédiat à la fois  auprès de l’élite et  auprès  des lecteurs moyens.   Ancien professeur de tamoul  dans les différents établissements universitaires de l’Etat de Pondichéry,  il explore les aléas de la vie quotidienne  en Inde et plus particulièrement dans le pays tamoul.

Le plus grand exploit

Des gens escaladent des rochers

Glissent sur  des  glaciers,

S’inscrivent au marathon  des courses,

S’exercent des heures durant  à  la natation,

Se contorsionnent,  s’arc-boutent

Et s’élancent  à  travers des cercles enflammés.

C’est pour se faire distinguer

Et  s’immortaliser dans le Guinness des records.

Vanité ! Vanité ! Tout n’est que vanité !

Pourquoi ?  Je vous  le demande.

Car  n’étant   pas né dans nos bidonvilles,

Nul ne sait que nous autres

Qui  y   vivotons

Nous avons  battu maintes fois tous leurs records

Et les battrons toujours,  encore.                                                                    Bonsaï Manitharkal (1993)

 

La souricière

Enfin,

Poussé  par le désir du gâteau,

On est pris  au  piège.

Affolé,

On  est allé

Battant de son  corps

Les parois de la prison,

Et se cognant la tête

A  ses  barreaux.

De guerre lasse,

On  se tient serein.

En tout cas, ce cachot

Se débouchera

Dans un sac  sans trou.

Et des gars sans merci

Attendront

Pour nous donner

Des coups de bâton.

Tant pis.

Mangeons donc le reste de l’appât

Nous mettant en tête, toutefois,

De ne plus empiéter,

Dans une vie future,

Sur   le domaine d’autrui.

–         Bonsaï Manitharkal (1993)